10 août 2016Franck Abed

Deutsche Bank, Société Générale et BNP seraient les plus touchées en cas de nouveau choc

Franck Abed

Selon ZEW, institut allemand de recherches économiques, les grandes banques européennes auraient besoin de se renflouer dans des proportions importantes en cas de nouvelles turbulences. L’établissement le plus fragile est la Deutsche Bank, un des plus importants établissements bancaires du monde par la taille de son bilan.


Deutsche Bank est mal en point. Le n°1 allemand de la finance affiche le plus important déficit potentiel de fonds propres, devant Société Générale et BNP Paribas, parmi 51 banques européennes soumises à des tests de résistance selon la méthode de la Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale des Etats-Unis), a souligné l'institut allemand de recherches économiques ZEW.

Professeur de finances au sein de cet institut, Sascha Steffen a collaboré avec des chercheurs de la Stern School of Business (l'école de commerce de l'Université de New York) et de l'Université de Lausanne pour effectuer des tests de résistance avec les méthodes employées par la Fed en 2016 et par l'Autorité bancaire européenne (ABE) en 2014 afin de comparer les besoins en capitaux et les niveaux d'endettement des établissements étudiés.

"Les banques européennes ne disposent pas des fonds suffisants pour compenser les pertes attendues en cas de nouvelle crise financière", affirme ZEW. Avec la méthode de la Fed, les 51 banques européennes étudiées affichent un déficit cumulé de fonds propres de 123 milliards d'euros, avec en tête de liste Deutsche Bank (19 milliards), Société Générale (13 milliards) et BNP Paribas (10 milliards). Les deux banques françaises ont des capitalisations boursières nettement supérieures à ces manques théoriques, respectivement de 26 milliards et 55 milliards d'euros. La situation est différente pour Deutsche Bank, dont la valeur boursière est inférieure à 17 milliards d'euros.

L'ABE a publié fin juillet les résultats de ses derniers tests de résistance. Ces tests ne comportaient pas de seuils d'échec ou de réussite mais l'ABE en a tout de même conclu que des efforts restaient à faire au sein du secteur bancaire européen. Pour Sascha Steffen, l'Europe serait bien inspirée de suivre l'exemple des mesures prises aux Etats-Unis après la crise financière internationale de 2008. "Les Etats-Unis ont tiré leurs propres conclusions et mis en œuvre des mesures globales pour la recapitalisation du secteur bancaire américain dès 2008", souligne-t-il. "Le manque de volonté politique signifie que cela n'a toujours pas été fait en Europe".

Source : capital.fr